Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
Propositions de la Fondation David Parou Saint-Jacques
Site en cours de construction 

Vous êtes ici : AccueilLes chemins contemporains

Les chemins contemporains

Le 25 juillet 1948, dans son discours à Compostelle, le général Franco avait émis le voeu que les chemins de Compostelle s'ouvrent au-delà du rideau de fer. Ce voeu a été réalisé par le Conseil de l'Europe en 1987. Dans l'intervalle, une association française a joué un rôle déterminant sous l'impulsion du marquis René de La Coste-Messelière, archiviste aux Archives nationales.

Le premier chemin contemporain en France a été tracé au départ du Puy-en-Velay au début des années 1970.

 

 

Partout les mêmes erreurs

Le tracé des chemins contemporains est fait partout en Europe avec l'hypothèse que tout élément du patrimoine jacquaire, en particulier le patrimoine architectural était une balise sur un itinéraire de pèlerins. Certains vont même jusqu'à affirmer que ce patrimoine a été " construit par les pèlerins ". Un pèlerin se qualifiant de chercheur a même imaginé qu'une étole découverte dans un tiroir de sacristie sur laquelle était brodée une image de saint Jaccques prouvait le passage de pèlerins !

Une invention contemporaine

Connus à partir de 1882 par l'édition (en latin) du dernier Livre du Codex calixtinus, les chemins de Compostelle ont été imaginés avant d'être tracés. Les premières cartes ont été dressées dans le sud-ouest de la France par des curés du XIXe siècle. A partir de 1936, la guerre civile en Espagne a été une occasion de redécouvrir saint Jacques, transformé en Matajoros (tueur de Rouges), patron de la lutte contre les nouveaux infidèles Républicains et d'appeler l'attention sur Compostelle. L'intérêt pour les chemins s'est renforcé progressivement. 

En dehors du Camino francés, chemin historique espagnol, les "chemins de Compostelle" sont une invention contemporaine. En france, ils ont été tracés à partir du début des années 1970.  

Il y a 30 ans, les politiques s’en sont emparés (déclaration de 1984 du Conseil de l’Europe ) et un directeur espagnol de cette institution a su mettre Compostelle au service de l’idée du rapprochement des peuples européens. Dés 1982, Jean Paul II avait donné le ton en rappelant depuis Compostelle les "racines chrétiennes de l’Europe" .Leur désignation comme Itinéraire culturel européen n’aurait pas suffi à leur donner le succès qu’ils connaissent s’ils n’avaient pas répondu à des besoins de notre époque :

• retour à la nature, développement de la marche comme activité sportive

• recherche et approfondissement spirituel personnel, fuite de la société de consommation, besoin d’évasion

• besoin de ressourcement pour  traverser une période cruciale (entrée dans la vie active, deuil, retraite ...)

Les chemins de Compostelle sont des réalités d’aujourd’hui, plaquées sur un imaginaire médiéval construit pour une grande part au XIXe siècle et encouragé par l’Eglise (authentification des reliques par Léon XIII ).

Voilà à partir de quoi se sont construits les chemins d’aujourd’hui.

Du point de passage à la capitale

L'Eveil, quotidien de la Haute-Loire, vient de transformer Le Puy de point de passage d'un des chemins qualifiés d'historiques en " capitale du St-Jacques ". Voir l'article.

Pour mieux mettre en valeur les initiatives locales en faveur du tourisme, cet article n'hésite pas à s'appuyer sur une affirmation parfaitement infondée, qu'il attribue à la  présidente de l'Office du tourisme : " Si en 2010 nous n'avions pas initié ce partenariat, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle auraient perdu leur label itinéraire culturel européen ".

C'est manifestement donner aux efforts du Puy pour se mettre en avant plus d'importance qu'ils n'en ont. Le Conseil de l'Europe a présenté en 2010 un nouvel Accord Partiel Elargi sur les itinéraires culturels et rien n'indique dans ses publications ni dans celles de l'institut Européen des Itinéraires Culturels, que les chemins de Compostelle aient été menacés en quoi que ce soit.

L'Eveil a peut-être fait une confusion avec l'inscription au Patrimoine mondial. Elle peut effectivement être menacée car il est difficile de répondre aux critères de l'UNESCO pour la gestion d'un Bien qui ne répondait pas aux critères d'inscription. Il y a effectivement là un danger et l'initiative du Puy se comprend d'autant mieux qu'il y a dans ce domaine une concurrence avec l'ACIR de Toulouse. 

 

La voie de Tours

La voie de Tours tente une renaissance moins monopolistique que celle du Puy.

A Tours

Site d'une première association

A Poitiers

Du 25 au 27 avril 2014 sur la Voie de Tours : WE découverte des chemins de Saint Jacques et du patrimoine classé UNESCO en Poitou. Covoiturage organisé au départ de la gare Poitiers. Tracez votre chemin en choisissant parmi les différentes activités proposées chaque jour.
Site d'une seconde association

Trois initiatives françaises

En France trois initiatives lourdes de conséquences sont à l'origine d'un l'intérêt accru pour Compostelle dans la seconde moitié du XXe siècle :

- en 1936, le tracé par Francis Salet d'une carte monumentale des chemins de Compostelle au musée des Monuments français. A partir des années 1970, cette carte a servi de base pour tracer des chemins en France. Mais surtout, elle est devenue un véritable monument historique utilisé pour l'inscription des chemins de Compostelle en France au Patrimoine mondial
- en 1938, la traduction par Jeanne Vielliard du dernier Livre du Codex calixtinus sous le titre de Guide du pèlerin de Compostelle. " Tout est dans le Guide " avait coutume de dire René de La Coste-Messelière
- en 1950, création à Paris par des intellectuels hispanisants de la Société des amis de saint Jacques. En 1948, dans son discours du 25 juillet à la cathédrale de Santiago, Franco formait le voeu " d'ouvrir le chemin de Compostelle au-delà du rideau de fer ". L'action internationale de la Société a contribué à la réalisation de ce voeu. Depuis, elle est toujours au service de la promotion de Compostelle et des intérêts galiciens.

Le phénomène compostellan actuel est durablement marqué par les conséquences de ces initiatives dont les fondements scientifiques n'ont jamais été établis. Les voix discordantes ont été étouffées par une censure insidieuese et des médias qui n'ont jamais pris le temps de s'y intéresser. 

Sous-catégories

  • 4 chemins dits historiques

    L'exploitation du dernier Livre du Codex calixtinus a fait croire à l'existence de 4 chemins historiques, partant de Tours, Vézelay, Le Puy et Arles. Cette idée est encore bien ancrée dans les esprits de tous ceux qui écrivent sur Compostelle. Elle est illustrée partout et les marroniers annuels des magazines ne l'omettent jamais.

    Mais la réalité est autre. Grâce à une intense propagande, la ville du Puy exploitant la beauté des paysages de l'Aubrac et la renommée de sainte Foy à Conques a réussi à donner un point de départ au chemin qui selon le Guide du pèlerin " passe par Le Puy ". Ce chemin on l'appelle maintenant Camino pour en faire progressivement un point de départ obligé pour rejoindre en Espagne le Camino francés. Il existe néanmoins des variantes avec au moins une portion de " chemin chrétien " où l'esprit serait moins commercial. Mais où la boutique n'hésitait pas à voisiner le donativo.

    Les autres chemins dits historiques subsistent avec peine. Annexée par une association qui en avait fait la promotion, la voie de Vézelay, na pas pu résister aux dérivations et aux GR moins historiques.

    Sur la voie de Tours, vite appelée aussi voie de Paris, une association tente aussi de mettre en valeur des atouts trop méconnus. Et l'itinéraire Saint-Martin, très bienvenu au niveau européen est venu lui faire de l'ombre.

    Quant à la voie d'Arles, elle souffre d'une trop grande notoriété de la ville qui n'en avait pas besoin pour se faire connaître.