Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
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Une circonstance exceptionnelle

Curieusement ce dossier concernant des chemins de pèlerinage a été engagé par un gouvernement de gauche. Il a sans doute bénéficié aussi de la présence de Français à des postes clés.

La demande de la France

C'est une lettre du 26 novembre 1996 du ministère de la Culture qui a engagé la procédure d'inscription des chemins de Saint-Jacques en France au Patrimoine mondial. Signée du Directeur du Patrimoine, Maryvonne de Saint-Pulgent, elle avait pour objet : « Préparation du dossier d’inscription des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France sur la liste du Patrimoine mondial ». Elle manifeste clairement un objectif dont tout porte à penser que le ministère ne pouvait pas ignorer qu’il n’était pas compatible avec les critères de l’UNESCO. Elle précise que :

« La proposition d’inscription portera sur les chemins de Saint-Jacques en France, avec indications d’étapes. Pour éviter toute contestation sur le choix de celles-ci et compte tenu du caractère exceptionnel de cette inscription, il a été convenu de ne retenir que des sites comportant des monuments majeurs et parfaitement attestés comme appartenant au pèlerinage jacquaire. Vous trouverez ci-après le ou les sites retenus dans votre région après consultation des spécialistes du sujet ».

Les intentions sont claires : on vise l’inscription des chemins mais on présente des « monuments appartenant au pèlerinage jacquaire », seuls éligibles à l’inscription, en soulignant le « caractère exceptionnel de cette inscription ». Cette dernière mention signifie-t-elle que des accords officieux ont déjà été pris ? Le responsable scientifique du dossier est le professeur Léon Pressouyre. Outre ses fonctions universitaires, il était, à l’époque, membre de la Commission française pour l’UNESCO et pouvait faire bénéficier la demande française de l’expérience qu’il avait acquise en tant qu’expert permanent pour la section internationale de l’ICOMOS (International COuncil on MOnuments and Sites), en français « Conseil International des Monuments et des Sites ». Ainsi il peut apparaître comme ayant été juge et partie dans cette affaire. Est-ce cet appui qui a donné à la France une circonstance exceptionnelle ?

Un dossier a été présenté à l'UNESCO le 27 juin 1997.

La décision de l'UNESCO

La décision de l'UNESCO, prise à Kyoto en décembre 1998 est résumée par les phrases suivantes :

Pour atteindre l’Espagne, les pèlerins devaient traverser la France, et les monuments historiques notables qui constituent la présente inscription sur la Liste du Patrimoine mondial jalonnaient les quatre routes qu’ils empruntaient".

Recommandation : " Que ce bien soit inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial.

Les pèlerins devaient traverser la France. Quels pèlerins ? Implicitement il s'agit de pèlerins médiévaux dont rien dans le dossier n'a montré l'existence. Une deuxième affirmation concerne les quatre routes, imaginées à partir de la fin du XIXe siècle. Il est d'ailleurs intéressant de vérifier sur la carte de l'implantation de ces monuments que plusieurs se trouvent en dehors des fameuses quatre routes.

Implantations des 71 monuments jalons des chemins de Compostelle en France