Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
Propositions de la Fondation David Parou Saint-Jacques
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L'inscription au Patrimoine mondial

Les inscriptions des chemins de Compostelle sur la liste du Patrimoine mondial ont été des décisions politiques. L'Espagne a fait cavalier seul pour l'obtenir en 1993 qui était une année sainte. En 1998, la France bénéficiait de " circonstances favorables " pour obtenir une inscription avec un dossier biaisé ne respectant pas règles de l'UNESCO.

Les 71 monuments sont-ils un Bien en série ?

Les 71 monuments inscrits au Patrimoine mondial au titre des chemins de Compostelle sont les suivants :

12 cathédrales ou anciennes cathédrales
11 abbayes ou anciennes abbayes
30 églises, dont une paléo-chrétienne (basiliques, collégiales, priorales, paroissiales)
4 églises Saint-Jacques,
5 hôpitaux dont 3 Saint-Jacques (incluant celui du Puy qui n’eut jamais ce vocable)
7 ponts dont 4 dans l’Aveyron
1 porte Saint-Jacques
1 dolmen

Comment peuvent-ils répondre à la définition donnée par l'UNESCO de biens culturels en série ?

Pour les biens culturels, les éléments constitutifs devraient refléter des liens culturels, sociaux, historiques ou fonctionnels clairement définis dans le temps.

C'est pour répondre à cette questoin et pour défendre une position qui nous semble intenable qu'un préfet a été nommé en 2013. L'arrêté du 30 avril 2013  (NOR: MCCC1306996A) stipule :

« Le préfet de la région Midi-Pyrénées, préfet de Haute-Garonne, est désigné préfet coordonnateur de l'action des préfets des régions d'Aquitaine, Auvergne, Bourgogne, Centre, Champagne-Ardenne, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Limousin, Midi-Pyrénées, Picardie, Poitou-Charentes, Basse-Normandie et Provence-Alpes-Côte d'Azur pour la mise en œuvre du plan de gestion du bien « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » et de sa zone tampon, la coordination du rapport périodique et du rapport sur l'état de conservation du bien pour une durée de cinq ans. »

Cet arrêté introduit une nuance subtile. Jusqu'en 2013, il était écrit que les " Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France " étaient inscrits au Patrimoine mondial. On reparle maintenant du bien en limitant son extension à certaines régions. Cela fera-t-il de ces 71 monuments un " bien en série " ?

En outre le mot gestion a été remplacé par celui de gouvernance :
" Henri-Michel Comet, préfet coordonnateur du bien en série « Les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France », a présidé, 22 janvier à Toulouse, une réunion consacrée aux composantes du bien situées en région Midi-Pyrénées et à leur gouvernance. L'État (direction régionale des affaires culturelles) en assure, en effet, la responsabilité opérationnelle ". voir site de la DRAC

Ce changement de vocabulaire apportera-t-il la solution ?

Que faire aujourd'hui ?

Ce n'est pas la géographie de chemins hypothétiques qui réunit les sites inscrits au patrimoine mondial au titre des chemins de Compostelle. Chacun a son intérêt propre et son histoire qui ne doit pas s'effacer devant la référence à Compostelle. Conques a ainsi perdu son âme en reléguant sainte Foy au musée pour se consacrer à Compostelle. Le Puy a même abandonné saint Jacques pour " saint Camino". Le commerce y gagne sûrement tant localement que sur l'Aubrac, mais est-ce l'objectif d'une inscription au Patrimoine mondial ? Où est le bénéfice pour l'humanité à qui l'on raconte des sornettes ?

N'y aurait-il pas mieux à faire? Comment faire vivre ces sites autrement qu'en y comptant les pèlerins ? Que proposer à leurs responsables ? Que peuvent-ils réaliser ensemble pour mieux mettre en valeur le patrimoine commun qu'ils représentent ? Comment chacun peut-il contribuer à faire connaître les autres ?

Couverture du livre Compostelle et Patrimoine mondialNous souhaitons que ce site apporte des éclairages et aide à répondre à ces questions. Nous avons déjà fait  des suggestions dans notre livre Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial. Ed. La Louve

Les monuments inscrits au titre des chemins en France ne sont pas un Bien en série. D'autres cohérences sont possibles pour rendre compte de leur diversité et embrasser tous les chemins contemporains.

Allons plus loin : pourquoi ne pas bâtir un projet européen visant à faire des chemins de Compostelle les représentants au Patrimoine mondial de l’humanité, de tous les pèlerinages médiévaux européens ?  Il y eut jadis des experts du Conseil de l’Europe, passés depuis au service des intérêts galiciens. Un nouveau collège d’experts est nécessaire pour donner un nouvel élan au projet du Conseil de l'Europe et apporter aux foules internationales qui les parcourent. une vision renouvelée de ces chemins mythiques

Sous-catégories

  • L'origine des inscriptions

    En 1987, lors de la définition des chemins de Compostelle comme premier Itinéraire culturel européen, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a recommandé :

    une coopération entre les Etats membres en vue de faire figurer les itinéraires [de pèlerinage] les plus significatifs et leurs monuments au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

    En 1993, l'Espagne a fait cavalier seul. la France l'a suivie en 1998. Il reste aujourd'hui à donner une suite à la recommandation de 1987. Cela sera-t-il possible en 2017 ?

  • L'inscription des chemins en France

    Depuis 1998, de nombreuses plaques du modèle ci-dessous

    Plaque de l'UNESCO apposée sous l'égide du ministère de la Culture

    ont été apposées sur des monuments pour informer de l'inscription des chemins de Compostelle en France.

  • Une gestion impossible

    On dit qu'impossible n'est pas français et pourtant la France n'a pas encore trouvé la solution pour gérer ce " Bien unique " ingérable car " on ne gère pas un mythe ", comme l'a écrit un haut fonctionnaire très proche du dossier.

    • 2013, une nouvelle invention

      En 1998,  l'inscription de 71 monuments disparates pour représenter un Bien unique dénommé Chemins de Compostelle avait paru judicieuse. L'impossibilité de mettre en place une gestion de ce bien inexistant dans la pratique a fait germer une nouvelle idée : pourquoi ne pas tenter de faire entrer ces monuments dans la catégorie des biens ensérie définie par l'UNESCO. C'est ce à quoi se sont employés les nouveaux responsables de ce dossier. Les fonctionaires qui étaient en service en 1998 sont pour la plupart à la retraite ou dans d'autres fonctions mais certains sont opportunément revenus dans des fonctions associatives et ont contribué à faire avancer cette idée.

      Un essai à transformer ! Avec une équipe sans idée nouvelle ce sera difficile.