Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
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Les chemins dans l'histoire et la légende

Avant la fin du XIXe siècle la légende, rapportée par la Chronique de Turpin, évoque un chemin partant d'Aix-la-Chapelle et rejoignant Compostelle en suivant le chemin des étoiles indiqué par saint Jacques à Charlemagne.

D'autres documents indiquent des chemins de Compostelle, ce sont les récits laissés par des voyageurs qui sont allés à Compostelle. D'autres documents, comme les Itinéaires de Bruges décrivent des chemins marchands et pèlerins.

Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle qu'apparaissent les chemins de Compostelle. Depuis lors, aucune recherche historique sérieuse n'a été faite à leur sujet. Ils ont été considérés comme un fait acquis, voire un dogme. Des recherches ont été entreprises à la fin des années 1980. Leurs résultats bouleversent trop  de croyances pour être entendus.

Chemins de pèlerins

La carte ci-dessous indique les chemins suivis par des pèlerins du XVe siècle

Un seul pèlerin est passé, pour son voyage de retour par la voie du Puy, aujourd'hui de loin la plus fréquentée.

L'origine de la légende

Les chemins de Compostelle sont nés de la volonté du royaume de Galice de se mettre en valeur après la découverte d'un tombeau attribué à l'apôtre Jacques le Majeur qui avait été choisi comme patron du royaume d'Oviedo et des chrétiens ayant échappé à la domination musulmane. Symbolisés par la Voie lactée, ils apparaissent dans la Chronique de Turpin quand saint Jacques invite Charlemagne à aller délivrer son tombeau en suivant ce chemin des étoiles (miniature du songe de Charlemagne, Grandes Chroniques de France).

L'imagination au service de la légende

Extrait du journal La Croix du 14 juillet 1948.

"Au temps fortuné où les Saint-Jacquaires se mettaient en route, ils étaient pris en charge par la puissante abbaye de Cluny, qui avait à peu près l'exclusivité de ces voyages et, sauf maladie grave, ils étaient assurés de revoir leur maison et ceci sans bourse délier, les différents monastères de l'Ordre pourvoyant aux dépenses des pèlerins. Les moines cisterciens avaient édité des itinéraires semblables à ceux que publient de nos jours telles maisons de pneumatiques qui renfermaient avec une carte fort bien dressée et se dépliant sur plusieurs aunes afin de rester à l'abri de la couverture le tracé des chemins de Compostelle, le dessin des points de repère importants ou difficiles, la liste des couvents, hospices, maisons fortes, où les Jacobites étaient accueillis. Ils leur disaient : "En tel lieu, vous pourrez séjourner tant de jours. Ici, vous recevrez le groupe des pèlerins de la région. Là vous aurez tel péril à éviter." Et surtout, le livre faisait naître en eux la confiance en leur apprenant comment ils reconnaîtraient la route en suivant les bornes et les croix qui la jalonnaient et portaient gravée sur leur base la coquille de saint Jacques, emblême du pèlerinage."

Cet article non signé cite l'ouvrage Chemins de Compostelle du docteur Henry Aurenche que la maison de la Bonne Presse (ancêtre de Bayard Presse) venait de publier.

Le " chevelu " de Charles Higounet

Aux sources des chemins en Europe

Le tracé géographique des « chemins de Compostelle » dans le cadre du programme des Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe lancé en 1987 s’est appuyé sur des considérations présentées comme historiques alors que les historiens les savaient fausses. Mais ils n’ont pas été entendus. Il est bon de leur donner à nouveau la parole à l’heure où se réalise la crainte exprimée dès 1969 par l’historien Charles Higounet (Higounet C., « Les relations franco-ibériques au Moyen Age », Bulletin philologique et historique jusqu’à 1610, C.T.H.S., Pau, 1969 Paris, 1972, vol.1, p.3-16) :

« on se complait peut-être un peu trop dans les mini-enquêtes locales qui, après la phase des itinéraires stéréotypés du Guide du pèlerin, nous plongent dans un chevelu de chemins dans lesquels on risque de se perdre »

Il faisait référence aux travaux entrepris en France sous l’impulsion de la Société des amis de saint Jacques.

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Patrimoine et jalons en Haute-Rhénanie

Extrait de la communication d'Edvig Rôckelein à Bamberg (1988)

Bien sûr, dans cette région [LA HAUTE-RHÉNANIE], nous avons beaucoup d'indices relatifs au culte de saint Jacques, soit des églises ou des autels, des statues, des croix, des noms de lieux ou de chemins. Cependant, ce sont des signes du culte de saint Jacques en général et non pas des indications de routes de Compostelle qui, du moins en Haute-Rhénanie, n'existent pas.

Voilà la raison pour laquelle nous restons sceptiques envers le projet du Conseil de l'Europe intitulé « Chemins de Saint-Jacques. Itinéraire culturel européen ». La tendance d'interpréter tout indice du culte de saint Jacques comme preuve d'un chemin de Compostelle nous semble être trop exagérée. Il serait bien plus ingénieux d'inclure de la même manière tous les domaines du culte de saint Jacques et, là où il est encore possible, de les protéger et entretenir comme monuments historiques. Cet objectif devrait impliquer la conservation d’anciens tronçons des chemins médiévaux - comme on essaie déjà de le faire en Suisse. Par contre, un réseau européen de prétendues routes de Saint-Jacques nous semble plutôt être un camouflage des données, différentes selon la région et les époques historiques.

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