Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
Propositions de la Fondation David Parou Saint-Jacques
Site en cours de construction 

Le " chevelu " de Charles Higounet

Aux sources des chemins en Europe

Le tracé géographique des « chemins de Compostelle » dans le cadre du programme des Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe lancé en 1987 s’est appuyé sur des considérations présentées comme historiques alors que les historiens les savaient fausses. Mais ils n’ont pas été entendus. Il est bon de leur donner à nouveau la parole à l’heure où se réalise la crainte exprimée dès 1969 par l’historien Charles Higounet (Higounet C., « Les relations franco-ibériques au Moyen Age », Bulletin philologique et historique jusqu’à 1610, C.T.H.S., Pau, 1969 Paris, 1972, vol.1, p.3-16) :

« on se complait peut-être un peu trop dans les mini-enquêtes locales qui, après la phase des itinéraires stéréotypés du Guide du pèlerin, nous plongent dans un chevelu de chemins dans lesquels on risque de se perdre »

Il faisait référence aux travaux entrepris en France sous l’impulsion de la Société des amis de saint Jacques.

Ceux-ci avaient leur origine dans la traduction du dernier Livre du Codex Calixtinus publiée en 1938 sous le titre de Guide du Pèlerin.
Les réserves des historiens ont été exprimées au congrès organisé en 1988 à Bamberg, en Bavière, par le Conseil de l’Europe sur le thème Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Deux médiévistes allemands, Hedvig Röckelein et Gottfried Vendling osaient répondre par la négative à l’invitation qui leur était faite de trouver des « Chemins et traces de pèlerins de Saint-Jacques dans la Haute-Rhénanie ». 

Hedvig Röckelein est aujourd’hui professeur à l’université de Göttingen. Elle nous a autorisés à reproduire le résumé de sa communication. Nous le faisons suivre d’une analyse rapide de quelques autres communications faites à ce congrès afin de mesurer à quel point, en une dizaine d’années, s’est mise en place une pseudo-histoire simplement basée sur le mauvais choix d’une méthode de travail, contestée dès le départ par les historiens professionnels. 
Ces voix oubliées jusqu’ici vont peut-être aider à prendre conscience du fait qu’on a limité la dévotion à saint Jacques à la constitution de cartes menant vers Compostelle. Elles rappelleront qu’en 1984 l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe était ouverte à tous les itinéraires de pèlerinage et ne prônait pas le « tout Compostelle » auquel ces itinéraires ont été réduits aujourd’hui. Oubliant cette variété et cette richesse qui ont vraiment fait l’Europe pèlerine, on a fait de Compostelle du carton-pâte dont les plus curieux commencent à se lasser. 
Nous espérons que ces sages avis d’historiens vont aujourd’hui porter leurs fruits et ouvrir à une prise de conscience collective. Elle aboutira à la mise en valeur de découvertes racontant les cultes à saint Jacques dans toute l’Europe, en de nombreux lieux dotés d’une histoire et de légendes originales toutes auréolées de la magie de Compostelle. Elle pourrait contribuer à faire mieux connaître les hommes et les femmes qui ont été pèlerins, de Compostelle ou d'ailleurs, et ont eux façonné l'Europe en parcourant les chemins de leurs contemporains. Le Bohémien Léon de Rosmital est un de ces personnages précurseurs de l'Europe actuelle.